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samedi 11 février 2023

Filière tomate et oignon : Les producteurs du Bazèga impliqués dans le choix des variétés


 

La province du Bazèga a été témoins d’une évaluation participative de production de semences de tomates et d’oignons les 3 et 4 février dernier. C’était à Koassa, village situé à environ 5 km de Kombissiri.  Entrant dans le cadre du projet « Redynamisation du système semencier maraîcher au Burkina Faso », ce sont une quarantaine de participants composés de producteurs, de transformateurs ainsi que de commerçants d’intrants et de semences de tomates et d’oignons qui ont pris part à la visite commentée, organisée par l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA), à travers la Direction Régionale de Recherches Environnementales et Agricoles de l’Ouest (DRREA-O).

Avec pour objectif de permettre aux participants de connaître les variétés locales disponibles, de voir comment elles se présentent en condition réelle de culture et enfin choisir celles qu'ils préfèrent, cette visite commentée a surtout permis de déterminer les critères de choix de ces derniers. Ces critères sont, pour la tomate, entre autres, le rendement, la fermeté, la résistance aux bio-agresseurs, la durée de conservation, l’homogénéité, la précocité, la qualité organoleptique, etc. Pour ce qui est de l’oignon, les critères définis se déclinaient autour de la forme du bulbe, le cycle, la durée de conservation, la couleur du bulbe, la résistance aux bio-agresseurs, la montaison tardive, les qualités organoleptiques, le rendement, etc.

Les variétés ainsi choisies seront celles dont la recherche devra travailler à mettre les semences à la disposition des producteurs. Elles seront donc des semences de qualité stable, adaptées à leurs conditions agro-écologiques. Cela contribuerait à améliorer la productivité de ces spéculations, si l’on se réfère au fait que la semence joue un rôle important dans la production agricole. En effet, la semence est le matériel de base de la production. Elle contribue, selon de nombreuses études, pour au moins 30 à 40 %, à la constitution du rendement. C’est pourquoi, il est important d’avoir des semences de qualité.

Des semences dont la qualité laisse à désirer…

De nos jours, les producteurs sont confrontés à des difficultés pour avoir les bonnes semences. Selon M. Guigma Noraogo Camille, producteur d’oignon dans le Bazèga, la première difficulté qu’il rencontre, concerne la semence. « Depuis environ 3 à 4 années, nous n’arrivons pas à avoir la bonne qualité. En plus, elle est très chère sur le marché », a-t-il dit. Et même quand les producteurs arrivent à se procurer ces semences, ils peuvent se retrouver avec des plants non productifs.  Comme M. Guigma, ce sont de nombreux producteurs qui déplorent cette situation à laquelle ils sont confrontés.

M. Guigma Noraogo Camille, producteur d’oignon, déplore le manque de semences de qualité !

 

En effet, la qualité des semences produites localement est très souvent douteuse car produites de manière informelle, sans l’implication, ni du système national de recherche, ni du Service National des Semences. En conséquence, le paysage maraîcher au Burkina Faso est inondé de semences importées, pas forcément adaptées à nos conditions agro-écologiques. Cela joue à n’en point douter sur le rendement des producteurs maraîchers.

Redynamiser le système semencier, une nécessité ! 

Le projet « Redynamisation du système semencier maraicher au Burkina Faso », a été pensé afin développer un système national efficace pour produire localement les semences maraîchères afin de réduire notre dépendance vis-à-vis l’importation. Ces visites commentées font partie des activités prévues dans la dynamique de sa mise en œuvre.

En rappel, le projet est coordonné par l’INERA en partenariat avec l’entreprise semencière SMR et l’Union Nationale des Producteurs d’Oignon du Burkina Faso (UNAPOB). Financé par le Fonds National de la Recherche et de l’Innovation (FONRID) pour trois ans, il permettra donc de rendre dynamique et durable la production locale des variétés de semences maraîchères au Burkina Faso.

La photo de famille avec les participants !

 

mercredi 25 janvier 2023

Maïs hybride : Des semenciers aptes à produire la semence certifiée

 


Du 19 au 20 janvier 2023 s’est tenu au sein de la Station de Recherches Environnementales et Agricoles de Farako-Bâ une session de formation sur la production de semences certifiées de variétés de maïs hybride. Placée sous la présidence du Directeur Régional de Recherches Environnementales et Agricoles, Mr Vincent DAO, la cérémonie d’ouverture a connu la présence des inspecteurs du Service National des Semences.

La photo de groupe avec l'ensemble des participants !

 

Organisée dans le cadre des activités du projet Alliance pour la Révolution Verte en Afrique (AGRA) intitulé, « Approche agro-écologique pour soutenir la résilience des petits producteurs au Burkina Faso », (ProRES-Burkina), la présente session a regroupé une cinquantaine de participants composés pour la plupart de producteurs semenciers et de représentants des sociétés semencières. Il s’agit entre autres de Saala Monde Rural (SMR), Agri-promo, Neema du Faso (NAFASO), GMPS, FAGRI et FASO Neema, ainsi que l’Union Régionale des Producteurs de Semences (URPS) des Hauts-Bassins et des Cascades, TreeAid, le CEAS et l’INERA.

Avec pour objectif de présenter les hybrides de maïs de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA), notamment eux récemment mis sur le marché, la session a aussi permis de former les producteurs semenciers des sociétés semencières sur la production de semence certifiée de maïs hybride, mais aussi de renforcer la collaboration entre les multiplicateurs de semences et les sociétés semencières. « La formation permettra non seulement d’outiller les producteurs semenciers et les entreprises semencières sur les itinéraires techniques de production de la semence de maïs hybride mais aussi sur la connaissance des lois semencières », a soutenu Mr Vincent DAO.

La pratique a permis aux apprenants de mieux comprendre les leçons apprises !

 

Elle s’est étalée sur deux jours, en deux volets. La phase théorique en salle a permis à ces apprenants d’un jour, de mieux se familiariser avec les différents modules ainsi que des échanges avec les formateurs.  Sur le plan pratique, il a surtout été question pour les participants de procéder à la démonstration des leçons apprises sur les parcelles d’expérimentations ainsi que dans les laboratoires.  

Il faut le rappeler, au cours de ces deux jours, plusieurs variétés de maïs hybride ont été présentés, parmi lesquelles on peut citer KOMSAYA, BONDOFA, AGRA 6, AGRA2, et KABAKO qui est la toute nouvelle variété vulgarisée a près des producteurs.

Les semenciers ont passé en revue toutes les variétés améliorées de maïs !

Aperçu sur la filière maïs au Burkina Faso et contexte de cette session

Les cultures vivrières (sorgho, le maïs, le mil, et le riz) et le niébé sont la base de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. En termes de production, le maïs occupe la première place avec 1.920.101 tonnes (DGESS/MAAH, 2021).  Cette position dominante a été favorisée par ses capacités d’adaptation aux conditions agro-écologiques et par ses rôles stratégiques à la fois comme produit de rente et produit de forte consommation. Toutefois, l’offre de maïs n’arrive pas à satisfaire la demande sans cesse croissante des populations. Et les fréquentes perturbations climatiques jouent sur les rendements qui deviennent de plus en plus faibles. La situation aurait pu être moins alarmante, si les producteurs utilisaient les variétés améliorées.

En effet, la recherche a développé plusieurs variétés performantes de maïs, que ce soit en composites ou en hybrides. Malheureusement, ces variétés ne sont pas connues et adoptées par les producteurs. Pourtant, l’accroissement de la productivité agricole de  façon  générale  et du maïs en particulier, ne  sera  effectif  que  si  les  producteurs  ont  accès  et  adoptent  les nouvelles variétés performantes.

C’est fort de cela, que  Tree  Aid  en  collaboration  avec la Section maïs-Blé et plantes émergentes de l’INERA, sur financement de l'AGRA, a organisé cette session de formation. Comme l’a souligné le Dr Jacob SANOU, Directeur Régional de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (DR-ESRI) « former les producteurs sur la production en qualité de ces hybrides est vraiment nécessaire pour venir à bout de l’insécurité alimentaire qui s’impose au Burkina Faso ».  Assurée par les chercheurs du programme Céréales Traditionnelles et des inspecteurs du service National de Semence, elle entre dans le cadre du   projet "Approche agro-écologique pour soutenir la résilience des petits producteurs au Burkina Faso", qui a pour but d’augmenter la productivité du maïs, du sorgho, du riz et du niébé pour 210 000 petits exploitants agricoles grâce à l'agroforesterie.

Vue des participants sur le terrain !

Djama KONE, Stagiaire en Communication