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lundi 8 juillet 2024

Gestion agroécologique des mouches des fruits : Les producteurs dans des champs écoles

 

Les chercheurs du Centre Régional d’Excellence en Fruits et Légumes (CRE-FL), ont organisé, du 3 au 5 juillet 2024, des sessions de champs écoles sur la gestion agroécologique et participative des mouches des fruits, dans des vergers de manguiers pilotes des Cascades et des Hauts Bassins. Cette activité qui a regroupé plus d’une centaine de producteurs a été organisé en collaboration avec l’Union Nationale des Producteurs de Mangues du Burkina (UNPMB) et la Direction de la Protection des Végétaux et du Conditionnement (DPVC).


 

Avec pour objectif de renforcer les capacités techniques des producteurs/productrices de mangues sur la gestion agroécologique des mouches de fruits du manguier, ces sessions qui ont concerné les localités de Moussodougou, Kourinion et Orodara, se sont fait dans les champs écoles, dans les vergers de manguiers pilotes.  Plus d’une centaine de participants étaient mobilisés dans le but de profiter des connaissances sur la gestion agroécologique des mouches des fruits.  Elles entraient dans le cadre des activités du projet FONRID « Gestion agro écologique et participative des mouches des fruits de la mangue dans les principales zones de production au Burkina Faso ».

Ainsi, il a été question, pour les organisateurs, d’apporter aux participants, les connaissances nécessaires sur la reconnaissance des symptômes des attaques des principales espèces de mouches de fruits associées à la mangue, mais aussi et surtout sur l’utilisation des technologies développées par le projet dans la gestion agroécologique des mouches de fruits dans les vergers de manguiers. Selon le coordonnateur, le Dr Issaka Zida, des tests avaient été mis en place, pour identifier les attractifs locaux pour le piégeage de masse des mouches de fruits, afin de réduire la population des ravageurs. « Il faut maintenant montrer aux producteurs comment les utiliser », a-t-il laissé entendre.

La première technologie concernée est l’augmentorium qui est une structure sous forme de tente dans laquelle on met toutes les mangues tombées à cause des piqures des mouches des fruits pour la sanitation. Elle permet d’interrompre le cycle de vie de la mouche des fruits tout en libérant dans le verger, les ennemies naturelles de ces mouches.

La deuxième, l’huile essentielle à base d’oximum Basillicum, est utilisé à travers des pièges locaux (bidons d’eau minérale) pour le piégeage de masse. Elle permet d’attirer les mâles des mouches avant l’accouplement. 

Une vue de l'augmentorium pour la sanitation du verger !

 

Aperçu sur la filière mangue …

Au Burkina Faso, la production fruitière est dominée par la mangue qui représente plus de la moitié des vergers. La production nationale, elle, représente entre 11 et 18% de la production ouest-africaine. La mangue a un enjeu économique et social très important pour le pays. En effet la filière mangue génère plus de 15 milliards de chiffres d’affaires par an, constituant ainsi une source de devises mais aussi contribuant à la sécurité alimentaire dans les zones productrices. Malheureusement, depuis quelques années, la filière est confrontée à d’énormes difficultés, dont la plus importante demeure les mouches des fruits.  Ces mouches sont la cause de nombreuses interceptions de cargaisons sur le marché Européen hypothéquant les opportunités d’exportations et impactant négativement sur l’économie nationale. Les dégâts causés par les mouches des fruits varient peuvent aller jusqu’à 86,67% en fonction des cultivars de mangues (Zida et al., 2020). Il faut agir et vite, pour donner à la filière son lustre d’antan. 
Quelques Mouches de fruits attirées par l'huile essentielle !

De la nécessité d’adopter une gestion agro-écologique…

 

Plusieurs méthodes de lutte ont été développé par la recherche, afin de mettre fin à ce fléau, soutiendra le Dr Issaka Zida. « Malheureusement, les dommages infligés par ces ravageurs demeurent toujours importants », a-t-il martelé. L’inefficacité des technologies utilisées s’explique par le fait que les produits de traitement utilisés pour le piégeage des mouches ne sont pas économiquement accessibles à tous les producteurs. Des auteurs soutiennent que pour que cette lutte soit efficace, il faut que l’ensemble des producteurs d’un bassin de production appliquent simultanément les méthodes de lutte. D’où la nécessité de développer des méthodes de lutte accessibles à tous les producteurs pour le piégeage de masse des mouches.

C’est dans cette dynamique, que le Fonds National de la Recherche et de l’Innovation (FONRID), suite à son 7ème appel à projets, a accordé un financement pour la recherche de méthodes de lutte à base de produits locaux au Burkina Faso. Le projet intitulé « Gestion agro écologique et participative des mouches des fruits de la mangue dans les principales zones de production au Burkina Faso » est coordonné par le Dr Issaka Zida de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA).

Mise en œuvre, en partenariat avec l’Union Nationale des Producteurs de Mangues (UNPM) et la Direction de la Protection des Végétaux et du Conditionnement (DPVC), il a pour objectif de contribuer à l’amélioration de la production de la mangue en vue de préserver la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations et d’améliorer les revenus des acteurs de la filière mangue au Burkina Faso.

 QUELQUES IMAGES




 


Flavienne Valérie SAWADOGO