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mercredi 2 septembre 2020

Production de grains de maïs hybride : Les capacités des producteurs-formateurs endogènes renforcées

Renforcer les capacités techniques et opérationnelles des producteurs formateurs endogènes sur l’itinéraire technique de production d’hybrides de Maïs et les bonnes pratiques agricoles, c’est l’objectif visé par la session de formation qui s’est tenue du 29 Août au 1er Septembre 2020 dernier, au sein de la Direction Régionale de l’Agriculture et des Aménagements Hydro-Agricoles (DRRAH) des Hauts-Bassins.

Placée sous la présidence du Directeur Régional de l'Agriculture et des Aménagements Hydro-Agricoles, Mr Julien Ouédraogo, cette session était facilitée par la société Semences Africaines Fortes (SEMAFORT). Elle intervient dans le cadre du projet de développement de semences à haut rendement dans la région des Hauts-Bassins. Sous le financement du Programme de Croissance Économique dans le Secteur Agricole (PCESA) à travers sa composante A-Projet 04_05 et géré par le cabinet d’Ingénierie et de Conseil en Développement d’Entreprises (ICDE), elle a regroupé une quarantaine de participants, venus de la Boucle du Mouhoun, du Centre-Ouest, du Sud-Ouest et des Hauts-Bassins.

Pendant 4 jours, une batterie de formateurs (Experts) composée d’une équipe pluridisciplinaire s’est succédée afin de prodiguer aux participants, des leçons sur les meilleurs itinéraires techniques de production d’hybrides de maïs grains. Ainsi, de la caractérisation et la connaissance des hybrides de maïs à la lutte contre les adventices, les maladies bactériennes, les insectes nuisibles en passant par l’agronomie et les itinéraires techniques de production , la récolte et le poste récolte tous les aspects pour les Bonnes Pratiques Agricoles (BPA) ont été passé en revue.

En plus des cours théoriques, la pratique était aussi une étape de cette session de formation. Des visites de laboratoire effectuées on peut citer celle d’entomologie avec une présentation de certains ravageurs du maïs tel que la chenille légionnaire d’automne. Au laboratoire de phytopathologie, il a surtout été question des aflatoxines qui sont également un ennemi du maïs. Et pour accompagner les producteurs formateurs dans la fertilisation du champ, une séance pratique sur le site de production de compost a été le clou des phases pratiques. 

Ces apprenants de circonstance ont ainsi eu tous les ingrédients nécessaires pour qu’au sortir de cette session, ils puissent i) être mieux outillé sur les différentes étapes de la production de variétés d'hybrides de maïs ; ii) être outillé sur les doses et périodes d'apport des fertilisants ainsi que les principales maladies et ennemis du maïs, les dégât causés et les méthodes de lutte préconisées ; iii) accélérer l'adoption en milieu paysan des nouvelles variétés de maïs ; iv) s'impliquer de façons active dans le système de transfert de technologies ; v) développer et produire des documents de suivi de production pour les producteurs et vi) amener les producteurs à mettre en place un plan d'action opérationnel.

Pour rappel, le maïs est l’un des produits céréaliers le plus cultivé et le plus consommé au Burkina Faso. C’est également la deuxième filière porteuse du pays juste après le coton selon les études du Programme de Croissance Économique dans le Secteur Agricole.

La Boucle du Mouhoun (193 857 tonnes), les Hauts-Bassins (613 587 tonnes en 2017/18), les Cascades (156 792 tonnes) et le Centre-Ouest (145 303) sont les principales régions de production. Les autres régions ont eu une production inférieure à 100 000 tonnes durant la campagne écoulée.

Toutefois, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. En effet, malgré les progrès réalisés au cours des dernières années, la sécurité alimentaire est loin d’être une réalité au Burkina Faso. Une faible productivité est perceptible. Cela est dû à plusieurs facteurs défavorables dont l’insuffisance de formation des ressources humaines et l’inaccessibilité des variétés améliorées d’hybrides par les producteurs.

C’est dans cette optique que la SEMAFORT, en collaboration avec l’INERA à fait introduire des variétés de maïs hybrides à haut potentiel de rendement. Pour amener les acteurs de la filière à mieux connaitre ces variétés, il était nécessaire de former les producteurs formateurs endogènes sur les Bonnes Pratiques Agricoles (BPA) en matière de production de grains d’hybride de maïs.

La quarantaine de participants ainsi formés est mieux outillés pour produire des grains de maïs de bonne qualité et en quantité.

 

Pratique du compostage
Pratique du compostage
Pratique du compostage

Visite de labo
Remise symbolique d'attestation de participation

 

samedi 29 août 2020

Filière Anacarde : Les pépiniéristes aptes à produire des plants sains

Le projet FONRID Anacarde (AP5-01) a organisé une série de formations sur la production de plants sains d’anacardiers au profit des pépiniéristes et des producteurs d’anacarde. Débutée le mardi 04 juillet 2020, ces séances qui se sont tenues en 4 sessions à Orodara dans le Kénédougou ont connues leur apothéose le jeudi 20 Août dernier.

La trentaine de producteurs et pépiniéristes venus principalement de Djigouera, de Kangala, de Samogohiri, de Mahon, de Diéri, de Orodara et de Kourinion, pour cette dernière séance, a procédé à la constitution d'un parc à bois d'anacardier à travers la plantation de 100 plants sains répartis en quatre accessions élites tolérantes aux agents pathogènes.

Avec cet exercice, il était surtout question de comprendre le processus de mise en terre des plants. Et Mr Traoré Moussa du Centre National des Semences Forestières (CNSF), qui a dirigé les travaux de semis, a saisie l’occasion pour expliquer les bonnes techniques, notamment comment creuser, à quelle profondeur et à quel diamètre, comment remettre la terre pour refermer le trou.

L’une des meilleures façons de s’assurer un bon déroulement de la croissance du verger est sa protection. Ainsi, à l'issue de l’opération de semis, des fils de fer barbelés et des brise-vents constitués d’Acacia nilotica ont été fixés aux alentours du parc à bois. Cela permettrait de le préserver contre d'éventuelles attaques d'animaux.

En effet, l’anacarde est le cinquième produit d’exportation du Burkina Faso après l’or, le coton, le sésame et le bétail/viande. En 2015, ses recettes d’exportations étaient estimées à environ 90 millions de Dollard US, selon certaines sources. Sa production annuelle varie entre 25 000 et 40 000 tonnes avec souvent des rendements estimés entre 300 à 400 kg/ha. La filière génère plus de 3000 emplois créés par les unités de transformation, notamment pour les femmes rurales. Cet état des faits, c’était sans compter sur l’émergence de la bactérie Xanthomonas citri pv. mangiferaeindicae, responsable de la maladie des taches noires de l’anacardier et du manguier au Burkina Faso et en Afrique de l’Ouest. C’est un nouveau fléau qui décime le secteur en termes de qualité de production et de sécurité pour l’approvisionnement des marchés africains et européens.

La méconnaissance de cette maladie par les producteurs et les pépiniéristes a vraisemblablement entraîné sa rapide dissémination à partir des plants malades. Les dégâts occasionnés par cette bactérie sont énormes et les conséquences sont drastiques. Face à ce constat, la mise en œuvre d’une stratégie de gestion intégrée de la bactérie s’est avérée nécessaire. Et le projet FONRID Anacarde est une aubaine pour les acteurs de la filière.

En rappel, le projet FONRID Anacarde est coordonné par le Dr Cyrille Zombré de l'INERA. Il est financé par le Fond National de la Recherche et de l’Innovation pour le Développement (FONRID). L’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) est accompagné dans la mise en œuvre du projet par le Centre National des Semences Forestières (CNSF) ainsi que de l’Union Nationale des Producteurs d'Anacarde.

 

Les précédentes séances avaient porté sur la stérilisation du substrat nutritif et le semis, les organismes nuisibles des pépinières et des vergers d'anacardiers ainsi que les moyens de lutte utilisées contre ces nuisibles, et le greffage des plants d'anacardiers.

 

Au sortir de la session de mise en place du parc à bois, les participants, par la voix de Mr André Traoré, président de l’association des pépiniéristes de la province du Kénédougou, se sont dit mieux outillés sur les meilleures techniques de production des plants sains d’anacardier. 

Osons donc croire que plus jamais la bactérie Xanthomonas citri pv. mangiferaeindicae ne sera un frein à l’émergence de la filière anacarde. En attendant, chacun a reçu de l’équipe du projet, une attestation de formation, preuve qu'il a suivi avec assiduité les différentes sessions de formation.

 

Les différentes étapes par séances