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vendredi 10 janvier 2020

La cendre pour dynamiser son potager


Traditionnellement, au sein de nos familles, nous utilisons la cendre pour faire de la potasse. À l’église, elle est utilisée à l’approche du temps de carême, précisément le « Mercredi des cendres ». 
Qu'elles soient issues de nos foyers ou qu'elles résultent de la destruction des végétaux après le nettoyage, les cendres de bois ont bien plus d’intérêts que l’on puisse imaginer.

Intérêts des cendres de bois

Les cendres de bois sont très riches en sels minéraux, elles contiennent du calcium, de la potasse, du silice, du magnésium et du phosphore. Elles sont une source de nourriture pour les plantes et ne peuvent pas leur nuire car leur assimilation est douce. Il n'y a pas de risque de surdosage pour les plantes et aucun risque de pollution des nappes phréatiques.
Compte tenu du fait que la potasse favorise le développement des fleurs et des fruits, on pourra donc épandre la cendre aux pieds des arbres fruitiers et des plantes de massif au printemps ou aux pieds des agrumes en automne pour soutenir la floraison et une bonne fructification.
La cendre de bois est aussi très utile pour lutter contre les gastéropodes : il suffit de former un cordon de cendres autour des jeunes plantules pour les empêcher de les attaquer goulûment.
Attention !!! Pour que cela soit efficace il faut renouveler l'opération après chaque pluie !

Quels types de cendres utiliser ?

Il est vrai que la cendre est un excellent fertilisant. Cependant, il est nécessaire de rappeler que ce n’est pas toute sorte de cendre qu’il faut utiliser.
En effet, il ne faut utiliser que des cendres issues de la combustion de végétaux ou de bois non traité, non peint et non vernis, sinon on risquerait de contaminer le jardin avec des substances toxiques que l’on retrouverait immanquablement dans notre assiette lors de la consommation des fruits ou des légumes !
Attention aussi à ne jamais faire brûler de plastiques, dangereux pour l'environnement et pour l'atmosphère, ni de contreplaqué, de bois composite ou de panneaux OSB qui contiennent colles et résines chimiques en abondance.
Ceci dit, toutes les essences de bois saines, naturelles et exemptes de traitement constitueront un parfait combustible, de même que les résidus végétaux du jardin comme les restes de taille, les feuilles mortes, les herbes fauchées.

Comment procéder ?

Avant d’appliquer la cendre comme fertilisant, il faut toujours attendre qu’elle soit bien refroidie. Ensuite, il faudra la tamiser car les gros résidus ne pourraient pas se décomposer assez vite et ne pourront pas être assimilés.
L'épandage se fera directement aux pieds des arbres fruitiers, juste sous la couronne. Pour les massifs, épandre la cendre en surface puis griffer légèrement pour la faire pénétrer dans le sol.
Pour conserver la cendre pour une utilisation l’année suivante, il faut la tamiser et la stocker rapidement dans des sacs étanches avant de les mettre à l'abri, en attendant de pouvoir les utiliser.

Mise en garde : N'abusez pas des cendres dans les endroits qui contiennent majoritairement du calcium. Ce dernier modifie le PH du sol, le rendant alcalin et donc très peu favorable à la culture de plantes qui risqueraient alors de développer une chlorose.

Alors, les adeptes du jardinage bio, sachez que la cendre permet d’amender sainement le sol et ainsi éviter les engrais chimiques.

mardi 7 janvier 2020

Le baobab, ce don inestimable de la nature !


Le baobab, Sira Yiri en Bambara, Toega en Mooré, Tuobu en Gulmantché ou encore Bokki en Fulfuldé, est arbre millénaire qui caractérise les paysages de l'Afrique subsaharienne. Scientifiquement, il est appelé adansonia digitata. Souvent plus large que haut, avec des branches ressemblant à des racines, et largement dépourvus de feuilles pendant une grande partie de l'année, l'arbre le plus célèbre d'Afrique, le baobab, aussi appelé par les africains « l'arbre magique », « l'arbre pharmacien » ou encore « l'arbre de la vie », semble mériter l'ensemble de tous ces surnoms.
D'ordinaire ce n'est pas un arbre élevé, sa hauteur n'atteignant que 14-23 mètres, mais il est réputé pour la circonférence gigantesque de son tronc qui peut atteindre 10 mètres. Le baobab est par exemple omniprésent au Burkina Faso. 

Un fruit considéré comme une pharmacie naturelle ! 

Le fruit du baobab est appelé « pain de singe ». C’est une capsule indéhiscente et pubescente renfermant des graines noires enrobées dans une pulpe crémeuse. Particulièrement riche, le pain de singe contient six fois plus de vitamines C qu'une orange, deux fois plus de calcium que le lait, et une quantité importante de phosphore et de fer, sans compter les antioxydants. C'est l'aliment idéal pour éviter la dénutrition des personnes âgées. La  demande devrait être importante pour cet aliment aux qualités si particulières. Il est souvent utilisé pour les jus naturels mais aussi en pâtisserie.
Très prisée des femmes enceintes, le pain de singe sert d’aliment fortifiant aux nourrissons puisqu'elle est la source de nombreux micronutriments et antioxydants.
La pulpe de Baobab est également riche en Vitamines A, B1, B2, B6 et PP, minéraux (calcium, phosphore, et à un moindre degré, fer, potassium, zinc), acides aminés (L-proline et histidine notamment) et contient plus de 11 acides aminés essentiels.
La poudre de pain de singe est très utile à tout âge : 
Elle est conseillée pour une remise en forme générale, et pour conserver ou retrouver une bonne vitalité, seniors, enfants en phase de croissance, ou en cure après ou pendant une convalescence. On l’utilise aussi en cas de troubles du transit intestinal : c’est en effet un pré biotique puissant. La fraction soluble des fibres facilite le développement de bactéries utiles à notre organisme.
 
C’est aussi un excellent régulateur du transit digestif : la fraction insoluble des fibres exerce un effet de ballast qui favorise la régularité des selles et évite la constipation.
 
En ce qui concerne sa pulpe, c’est un bon anti diarrhéique et un excellent réhydratant.  Elle est indiquée en cas de maladie inflammatoire chronique intestinale.
Elle est particulièrement indiquée lors de toute convalescence, après un épisode infectieux, grippe, alitement, en tous cas de baisse de forme, une immobilisation, une intervention, un contre coup d’épisode affectif, afin de retrouver une énergie et surpasser ce cap.

Le pain de singe, fruit du baobab !
Un arbre naturel !

On retrouve le baobab sur toute l’étendue du territoire Burkinabé où il pousse de façon naturelle. Dans notre pays, les populations rurales vivent majoritairement de l’alimentation et de la commercialisation de son fruit. Son goût aigre-crémeux satisfait aussi bien les papilles des hommes que celles du singe, ce qui lui vaut l’appellation “pain de singe”. Il se régénère totalement par voie naturelle.
Alors, désormais, laissons les baobabs sortis naturellement de terre continuer paisiblement leurs croissances. C’est toute la nation qui gagne ! 
Et si vous connaissez d'autres vertus du baobab, merci de les partager avec nous !

lundi 30 décembre 2019

Résultats de recherches : Trait d'union entre protection et valorisation


La recherche environnementale et agricole contribue fortement au développement économique, social et culturel de tout pays. Toutefois, il faut que les résultats de recherches soient connus, adoptés et valorisés pour le bien-être de la population. Cela est très important pour un pays comme le Burkina Faso où 80% de la population active se consacre aux activités agricoles (INSD, 2009). Face aux contraintes écologiques énormes, l’espoir des masses populaires peut se fonder sur les innovations apportées par les structures de recherches comme l’Institut de Recherches Environnementales et Agricoles (INERA), un des instituts du Centre National de Recherche Scientifique et Technologique (CNRST), qui travaille à limiter ces facteurs.

L’avenir de l’agriculture dépend en grande partie de ce que la recherche agricole est capable de mettre en œuvre. C’est pourquoi il y a nécessité de faire connaître et valoriser les résultats de recherche.
« Pour la mise en œuvre de la politique sectorielle de la recherche scientifique et technologique, la communication est indispensable comme outil d’accompagnement. Elle permettra de donner une visibilité aux différentes actions et facilitera le dialogue et l’appropriation par les acteurs (PARE, 2013) ».
Pourtant, le domaine de la recherche est considéré comme un monde impénétrable. Cela se traduit par la méconnaissance des résultats engrangés.

Des résultats faiblement vulgarisés !

Il faut l’admettre, les structures de recherche Burkinabè, principalement celles qui travaillent sur l’environnement et l’agriculture ont longtemps été décriées. En effet, la majorité des gens trouvent que les chercheurs de notre pays cherchent mais ne trouvent pas, comme pour se rallier derrière le Général Charles De Gaulle qui s’exprimait à l’endroit des chercheurs du CNRS « deschercheurs qui cherchent, on en trouve ; mais des chercheurs qui trouvent,on en cherche ».
Pourtant, force est de reconnaître que la recherche au Burkina Faso dans son ensemble, et la recherche environnementale et agricole en particulier a de vrais résultats.  A l’INERA, toutes directions confondues, de nombreux résultats sont à noter. Malheureusement, les technologies générées par ces chercheurs sont longtemps restées dans les tiroirs. Cela peut s’expliquer par l’insuffisance d’actions de communication mais aussi par les risques liés à la perte de l’exclusivité de la technologie.

Plusieurs appuis à la valorisation

Plusieurs structures et activités ont de plus en plus été créées afin d’aider à la valorisation des résultats de la recherche, parmi lesquelles on peut citer :
- Le Forum National de la Recherche Scientifique et de l’Innovation Technologique (FRSIT) qui, à travers ses foires et ses ateliers de présentation de résultats, contribue à donner de la visibilité aux technologies ;
- L’Agence Nationale de la Valorisation des Résultats de la Recherche et de l’Innovation (ANVAR) ;
- Le Fond National de la Recherche et de l’Innovation pour le Développement (FONRID).

Valoriser oui, mais protéger d’abord !

Malgré tous ces efforts d’accompagnement existant pour la valorisation des résultats de recherches, force est de reconnaître que les choses peinent à avancer. Toutefois, il convient de rappeler que la valorisation de la recherche passe par une réservation privative des résultats de la recherche et de l’information scientifique. Cette logique entre en confrontation avec le principe de large diffusion des connaissances par l’homme de la science, via notamment la publication.
La demande de brevet, requiert le respect de plusieurs conditions et notamment la condition de nouveauté. Cette condition nécessite que l’invention porte sur une innovation qui n’a pas été rendue accessible au public, quels qu’en soient l’auteur, la date, le lieu, le moyen et la forme de cette présentation au public.
Une publication sur une technologie survenue même un jour plus tôt que le jour de la demande de brevet peut faire perdre le bénéfice de la nouveauté et la technologie ne sera plus brevetable.

Les structures de valorisation des résultats de recherches sont donc appelées à avoir un œil regardant afin d’aider les chercheurs pour la facilitation des procédures de brevetage !