Total des vues

samedi 13 février 2021

Production fourragère dans les Hauts-Bassins Des échanges pour la durabilité des actions du projet FONRID-Fourrage

Les acteurs du projet FONRID-Fourrage dénommé « production et valorisation des ressources fourragères par les petits producteurs  de la région des Hauts-Bassins, dans des productions animales intensives orientées vers le marché » se sont rencontrés le mercredi 20 janvier 2021 dans la salle de réunion de la maison de l’innovation de KOUMBIA.

Plus d’une soixantaine de commerçants de bétails, de bouchers, d’emboucheurs, de producteurs et de transformateurs de lait, mais aussi de membres du comité de gestion de la plate-forme d’innovation lait étaient présents à cette réunion. Elle entre dans le cadre des activités du projet FONRID-Fourrage, financé par le Fond National de la Recherche et de l’Innovation Technologique (FONRID) et mise en œuvre par le Programme Gestion des Ressources Naturelles, Système de Production de la Direction Régionale de Recherches Environnementales et Agricoles de l’Ouest (DRREA-O).

Elle avait pour objectif global d’échanger avec les acteurs de la chaine de valeurs  lait sur les leviers à actionner pour assurer la durabilité des actions du projet.

Des échanges fructueux, pour pérenniser les actions déjà entreprises…

De façon spécifique, en séance essentiellement plénière, les participants ont pu échanger entre eux sur les contraintes des maillons des chaines de valeurs "Lait", "animaux embouchés" et "fourrages" ainsi que sur les opportunités du marché.

Ce n’est plus un secret, la culture fourragère présente des avantages certains, quand on sait que les animaux biens nourris travaillent non seulement mieux dans les champs, mais aussi produisent plus de lait pour la transformation et la vente, d’où un profit certain.

Cependant, des difficultés résident dans cette activité. Au nombre de ces difficultés, il y a d’une part, l’absence  de mains d’œuvre qui rend la production difficile et d’autre part, les saisonnalités de la production. En effet, les  feuilles de haricots se détériorent surtout en saison sèche, ce qui constitue un goulot d’étranglement pour les producteurs.  Pour ce qui est du lait, le problème d’enclos pour les animaux et le problème de conservation du lait sont les contraintes majeures. En ce qui concerne la viande le souci majeur demeure le prix du transport et du marché.

C’est pallier à ces contraintes, qu’il a été proposé aux participants la création d’un réseau de production et de fourniture de semences fourragères pour assurer la durabilité de la production fourragère. Et pour étendre ses activités à toute la chaine de valeur, ce réseau devra également prendre en compte la facilitation du déplacement des contrôleurs qui pourront peser le bétail engraissé et évaluer au préalable leur prix de vente avant que les commerçants ne se jettent sur le marché.

Séance tenante le dit réseau a été mise en place et les producteurs se sont proposer de cultiver du MUKUNA, de la variété de sorgho GRINKAN et du haricot, tous des spéculations fourragères, afin d’augmenter la semence de production fourragère de la localité.

Enfin, les emboucheurs ont été formé en technique de négociation afin de créer des partenariats gagnant-gagnant et bénéficier de meilleurs contrats.

Du contexte qui justifie un projet sur le Fourrage …

En rappel, le développement de l’élevage au Burkina Faso est limité par les difficultés d’alimentation du bétail en saison sèche (Kaboré-Zoungrana et al., 2008). Selon Zampaligré, 2012, en saison sèche le pâturage et les résidus de récolte sont réduits à l’état de paille, de faible valeur nutritive et en quantité insuffisante.

De nombreuses technologies alternatives à cet état des faits existent parmi lesquelles on peut citer les techniques de fauche et de conservation du fourrage en sec (foin) ou en humide (ensilages), la gestion des stocks fourragers, le traitement à l’urée et à l’ammoniac, le hachage fin et le trempage préalable, les cultures et les banques de protéines fourragères pures, etc. Toutefois, ces technologies ont connu des limites. D’où l’introduction des variétés à double usage (niébé, arachide, sorgho et maïs), qui trouve un succès auprès des agro-éleveurs. En plus des grains, elles procurent d’importants rendements en fourrage de l’ordre de 4 t/ha pour certaines variétés de niébé selon Singh et al., (2004). Aussi les associations culturales céréales-légumineuses à double usage ont été testées avec succès en milieu paysan dans la région du Centre-Est du Burkina Faso (Obulbiga et al., 2015).

En plus de toutes ces prouesses, l’Institut de l’Environnement et de Recherche Agricole (INERA) en collaboration avec ses partenaires a conçu et expérimenté des options prometteuses d’intensification durable des systèmes de production structurées autour de l’intégration agriculture-élevage. Ce projet FONRID-Fourrage, porte sur l’évaluation et la mise en échelle de ces technologies prometteuses pour correspondre aux besoins des producteurs.

Arianne Koutiébou, Stagiaire en Communication d’Entreprise

vendredi 5 février 2021

Dépérissement du manguier : Les acteurs restituent les activités du projet et posent les bases des perspectives

Les acteurs du projet 12 AP 2018 sur l’évaluation et la diffusion de paquets technologiques efficaces pour la récupération des manguiers affectés par le dépérissement au Burkina Faso ont procédé à la restitution des résultats du projet et par la même occasion, posé les bases des perspectives. C’était au cours d’un atelier tenu le vendredi 15 janvier 2021 à l’Ex. PV, sous la présidence du Directeur Régional de Recherches Environnementales et Agricoles de l’Ouest (DRREA-O), Mr Vincent DAO.

Trente (30) mois (de juin 2018 à décembre 2020), c’est le temps qu’a duré la mise en œuvre des activités du projet dont l’objectif était de « Sécuriser la production de la mangue à travers le développement de paquets technologiques de récupération des manguiers en cours de dépérissement au Burkina Faso ».

Financé par le Fond National de la Recherche et de l’Innovation pour le Développement, (FONRID), l’ensemble des activités menées sur ces trente mois ont permis i) d’approfondir les connaissances sur les agents pathogènes responsables du dépérissement à l’aide des tests moléculaires et du pouvoir pathogène des champignons déjà identifiés sur la base de leurs caractéristiques morphologiques ; ii) d’identifier des fongicides conventionnelles efficaces par l’évaluation de leur activité antifongique in vitro et in vivo sur les espèces ou association d’espèces de champignons ; iii) d’évaluer de façon participative, à travers des tests de démonstration, les paquets technologiques sur des sites où l’incidence du dépérissement est importante et retenir les plus efficaces ; iv) de renforcer les capacités des principaux acteurs de la filière sur la gestion des nuisibles du manguier. Au terme de cette période, il convient de diffuser et de valoriser les résultats obtenus et jeter les bases des perspectives.

Le but de cet atelier était donc de restituer l’ensemble des activités menées dans le cadre du projet, et faire des propositions de perspectives en vue de diffuser et pérenniser les acquis du projet. 

Quelles sont les causes de la maladie du dépérissement du manguier ?

La mangue est la première culture fruitière du Burkina avec plus de 15.000 producteurs. Les zones de cultures sont principalement : les Hauts-Bassins, les Cascades, le Centre-Ouest et le Centre Sud. Mais la filière rencontre de nombreuses contraintes parmi lesquelles on peut citer les maladies comme l’anthracnose, la bactériose et le dépérissement ou dessèchement. Cette dernière a été signalée en 2014-2015 dans toutes les zones de production et dans la sous-région. Le dépérissement est l’une des contraintes majeures de la filière en ce sens « qu’il n’y a pas de mangue s’il n’y a pas de manguier », selon le Dr Issa WONNI, coordonnateur du projet 12 AP 2018. Le problème du dépérissement devait donc être pris au sérieux, pour redonner le sourire à ces producteurs qui étaient en proie au désespoir.

D’entrée de jeu, les spéculations allaient bon train chez les producteurs quant à l’origine de ce fléau. Les études préliminaires avaient permis de collecter et d’isoler plusieurs champignons associés aux symptômes observés. Mais l’agent pathogène du dépérissement du manguier qui est la cause de ce fléau est un champignon nommé Lasiodiplodia theobromae.

D’autres facteurs secondaires dont la baisse de la nappe phréatique, la mauvaise alimentation en eau et fertilisants affaiblissent le manguier et l’exposent aux termites en le rendant sensible aux champignons. Le dessèchement est l’une des maladies les plus dommageables pour le manguier.

Il se traduit par un dessèchement total ou partiel de l'arbre. La maladie en elle-même évolue en quatre étapes. Il s’agit de :

- L’apparition de nécroses rouges-briques sur les feuilles ;

- Le flétrissement et le dessèchement des branches d’un côté de l’arbre qui, avec le temps envahit toute la canopée ;

- L’exsudation de gommes brunâtres sur les branches atteintes ainsi que les troncs ;

- Le dessèchement total de l’arbre en fonction de la sévérité de la maladie.

Des paquets technologiques ont pu être mise au point et testés dans des vergers témoins dans toutes les localités concernées. Ils ont fait leurs preuves et les producteurs de ces zones ont pu être formés sur les méthodes de récupération des manguiers en cours de dépérissement avec des documents à l’appui pour servir de repère.

De plus, plusieurs activités de diffusion ont été menées, notamment par des émissions et reportages (RFI, RTB), les réseaux sociaux (Blog, facebook, twitter, instagram et Youtube), où les documents peuvent y être téléchargés.

De la pérennisation des acquis engrangés !

Pour maintenir le cap sur la lutte contre ce phénomène, il faut prévoir des actions à mener dans le temps. Cet atelier de restitution vient donc pour faire des propositions de perspectives parmi lesquelles on peut noter la simplification de la technologie, la poursuite du renforcement des capacités des producteurs, la réalisation d’une étude sur l’adoption de la technologie, l’évaluation de la fumure organique et les pesticides biologiques, l’identification et l’évaluation des nématicides homologués, l’importation de nouvelles variétés de manguier du Brésil, etc.

Cela sera possible avec l’accompagnement des partenaires tels que l’Association Interprofessionnelle Mangue du Burkina (APROMAB), la Direction Générale des Productions Végétales (DGPV), l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), l’Université de Viscoa et l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA).