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jeudi 27 février 2025

Lutte contre le dépérissement des Citrus et de l' Anacardier : les technologies présentées aux producteurs

 

Les chercheurs du Centre régional d’excellence en Fruits et Légumes (CRE-FL), étaient avec les producteurs de la Comoé et du Kénédougou pour une serie de deux visites commentées, les 19 et 22 février 2025. C’était sur les sites expérimentaux des technologies de lutte contre le dépérissement des citrus et des anacardiers de Banfora et Orodara.

Entrant dans le cadre des activités du projet USAID Fruit et Légumes, ces visites commentées, selon la coordonnatrice et cheffe de programme Cultures Maraichères, le Dr Alizeta Sawadogo, a été voulu dans l’objectif de contribuer à une large diffusion des technologies de lutte contre le dépérissement des citrus et des anacardiers. Elle a regroupé une soixantaine d’acteurs composés de membres d’organisations comme l’Institut de l’Environnement et de Recherches agricoles (INERA), la Direction de la Protection des Végétaux et du Conditionnement (DPVC) et la Fédération Nationale des Producteurs d’Anacardes du Burkina (FENAPAB) dont elle a permis de renforcer les capacités. C’est activité tire son importance sur le faite que les cultures fruitières occupent une place importante parmi les filières agricoles au Burkina Faso, selon les données du PNDES en 2016.

En effet, pendant que les agrumes figurent parmi les trois principales cultures fruitières, la filière anacarde emploie 45 076 ménages et a généré plus de 66 milliards FCFA en 2016. Les arbres fruitiers jouent un rôle important dans l'économie du pays. Indépendamment de cet avantage économique, ils jouent un important rôle dans la lutte contre la désertification.

Des difficultés, malgré tout …

En dépit des nombreux avantages liés à la filière, les arbres fruitiers sont confrontés à d’énormes difficultés phytosanitaires dont leur dessèchement. Le dessèchement est causé principalement par L. theobromae et des facteurs abiotiques (stress hydriques, fortes températures, pauvreté des sols et les mauvaises pratiques agricoles). Selon le Dr Oumarou Dianda, l’incidence de cette maladie varie entre 42 à 86 %. « Le dessèchement des arbres fruitiers est un véritable fléau », a-t-il ajouté. Selon lui, sept espèces de Lasiodiplodia ont été déjà caractérisées pathogènes sur le dépérissement des citrus et des anacardiers au Burkina Faso, dans le cadre du projet FONRID/AAP8/NCP/PC/2021.

Présentation des activités avec le Dr Oumarou Dianda

Agir en conséquence...

Pour venir à bout de ce fléau, la recherche a prit les choses en main, en testant des méthodes de luttes sur le terrain. « Des traitements ont permis de récupérer des anacardiers et des citrus partiellement desséchés atteints de plus de 60% », a soutenu le Dr Dianda. Il s’agit, toujours selon ses propos, d’une combinaison de biopesticides (extrait aqueux de neem et d’Ocimum gratissimum), de pesticides (Azoxistrobine et Mancozeb)), de fertilisants (compost bactéricide et du NPK) et de bonnes pratiques agricoles (élagage des branches mortes, confection des cuvettes et de la paillage) est en cours d’évaluation sur les sites expérimentaux à Banfora et à Orodara.

Des résultats palpables ont déjà été obtenus sur le terrain. C’est pourquoi, pour une meilleure adoption de ces technologies, il s’avère nécessaire, voire indispensable, de les présenter aux acteurs sur le terrain, d’où l’organisation de ces visites commentées.

Leur objectif était de communiquer sur les technologies de lutte contre le dépérissement des citrus et des anacardiers, dira la coordonnatrice du projet, le Dr Alizèta Sawadogo. « L’idée était de présenter le dispositif expérimental de lutte contre la maladie aux producteurs, afin de recueillir leurs avis sur l’efficacité des technologies mises en œuvre et échanger sur leurs attentes vis-à-vis de ces technologies de gestion du dessèchement des arbres », a insisté le Dr Sawadogo.

Les visiteurs ont prit d'assaut les vergers de citrus et d'anacardiers ayant fait l'objet de tests !

En rappel, ces visites commentées ont été organisé par le projet USAID Fruits et Légumes, sur le site du projet FONRID intitulé « Gestion intégrée et participative du dépérissement des anacardiers et des agrumes au Burkina Faso : efficacité des technologies de prévention et de récupération des arbres partiellement desséchés ».

Les participants de Orodara dans le vergers de citrus !

Les participants de Banfora dans le verger d'anacardiers !

Flavienne Valérie Sawadogo


vendredi 21 février 2025

VIC de Ouda : Entre bilan et perspectives pour faire face au climat changeant

 

Le Centre Régional d’Excellence en Fruits et Légumes (CRE-FL) était, du 10 au 14 février 2025, à Manga dans la province du Zoundwéogo. Il s’agissait pour l’équipe, de faire le point des activités avec la communauté du VIC de Ouda afin de capitaliser les acquis, tirer des leçons et dégager les perspectives pour la durabilité du Village Intelligent face au Climat (VIC), à l’orée de la clôture des activités de la première phase du Programme TARSPro.

Les activités ont concerné l’évaluation communautaire du VIC de Ouda, comptant pour les campagnes humide et sèche de 2024-2025 et la formation/recyclage des acteurs sur le compostage en tas. Elles ont regroupé une centaine de participants, composés de producteurs de la communauté du VIC de Ouda, de membres de la PI-AIC du Zoundwéogo, d’autorités administratives et coutumières de Bindé et de Ouda, de membres de services techniques déconcentrés en charge du développement rural, d’organisations et d’associations partenaires, etc.

La communauté de Ouda sous l'arbre à palabre pour l'évaluation communautaire !

Des activités aux perspectives louables…

Parlant de l’évaluation communautaire, elle a d’abord permis de faire le diagnostic du fonctionnement de la gouvernance du VIC en vue de déceler les principales difficultés et proposer des solutions, d’implémenter l’étape « L » de l’approche PICSA "Apprendre de l’expérience et améliorer le processus". Parallèlement, elle a aussi permis de restituer les résultats et discuter de l’évaluation des parcelles de démonstration de la campagne agricole humide, de faire le point des produits récoltés sur le site de démonstration pour le compte de la campagne humide de 2024 et discuter de leurs utilisations en vue de la poursuite des démonstrations pour la campagne humide de 2025.

Enfin, des données individuelles ont été collecté sur l’implémentation des approches PICSA et VIC, des acteurs formés sur le compostage en tas et le point de l’évolution des activités de contre-saison de 2025 fait.

En effet, le VIC de Ouda, mise en place dans le cadre du programme TARSPro totalise deux années et demi d’activités. Pour le Dr Pierre Éric SOMBIE, coordonnateur du CRE-FL, il permet la mise à l’échelle de certaines technologies et innovations pour la résilience face aux changements climatiques.

Les acteurs du VIC de Ouda ont bénéficié des aspects de gouvernance du VIC, des tests de démonstration, des dotations de technologies, des formations, etc., selon les propos du Dr Etienne SODRE. « Il fallait revenir faire le bilan pour voir ce qui a marché et ce qui n’a pas marché afin de se donner des perspectives pour d’éventuelles activités à venir », a-t-il ajouté.

Pour ce qui est de la formation sur le compostage en tas, deuxième du genre, le produit fini devrait servir de stock pour la contre-saison mais aussi pour la prochaine campagne humide, aux dires de la formatrice, le Dr Fatimata SABA. « Nous sommes très satisfaits car, ce sont les producteurs eux-mêmes qui ont animé cette session », a dit le Dr SABA. « Ils ont développé leur propre initiative en reproduisant des battons pour remplacer le moule », a-t-elle ajouté.

Les acteurs mobilisés pour la fabrication du compost !

 

En rappel, le Village Intelligent face au Climat (VIC)a été implémenté dans le cadre de la mise en œuvre de l’approche Agriculture Intelligente face au Climat (AIC). Cette approche est soutenue par le programme TARSPro, sous l’assistance technique de Alliance of Bioversity and CIAT. TARSPro est né de la volonté du Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement Agricoles (CORAF). Il est financé par la Coopération Suisse sur une période de 4 ans, promeut un meilleur déploiement des technologies et innovations (T&I) avant-gardistes.

Un tas déjà prêt pour la suite du processus !


Le chef du Village toujours au premier plan !

Flavienne Valérie SAWADOGO