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vendredi 1 avril 2022

Filière maraîchère au Burkina Faso : Vers une redynamisation du système semencier

 

Contribuer à la promotion du système semencier maraîcher au Burkina Faso c’est le but du projet «Redynamisation du système semencier maraicher au Burkina Faso». Il a été lancé le mercredi 30 avril 2022. C’était sous la présidence du Directeur Régional de Recherches Environnementales et Agricoles de l’Ouest, Mr Vincent Dao.

L’objectif visé par l’organisation de cette cérémonie de lancement était de lancer officiellement le projet FONRID-Semences maraîchères, de le présenter succinctement aux participants et échanger avec eux sur l’exécution de ses activités déclinées, selon le coordonnateur, le Dr Boukaré Kaboré.

Il a regroupé une trentaine de personnes composées de producteurs, d’agents d’agriculture et de chercheurs.

Les participants à l'issue de la cérémonie d'ouverture !

Place de la filière horticole au Burkina Faso

La filière fruits et légumes occupe une place de choix parmi les filières porteuses retenues par les autorités burkinabés et qui figurent dans le document de stratégie de développement rural à l’horizon 2015. En effet, le secteur des fruits et légumes est apparu déjà depuis les années 1990 dans les analyses comme une source de croissance agricole importante et de réduction de la pauvreté.
De nos jours, avec son niveau actuel de technologie utilisée et de superficie cultivée (30 000 hectares) cette filière engendre près de 400 000 emplois, dont 100 000 occupés par les femmes sur une population active totale d’environ six millions d'individus. On note que sur les six millions d'actifs, 5,3 millions sont occupés dans l’agriculture.

Dans les années 1970, la filière horticole s’est très vite avérée être un important atout pour le développement des exportations et le gain de devises. Cela explique les nombreuses initiatives et actions gouvernementales en sa faveur : incitation à la création des coopératives maraîchères, facilitation de l’acquisition des infrastructures, etc.

Aujourd’hui et plus qu’avant, la filière s’affirme en plus, comme un important secteur de création d’emplois et de lutte contre la pauvreté. C’est le seul secteur de production qui crée de nombreux emplois en milieu rural pendant la saison sèche et génère des revenus substantiels pour les jeunes et les femmes qui assurent la commercialisation de l’essentiel de la production.

Une contrainte majeure à son épanouissement !

La filière serait assurément un pôle de développement susceptible de participer
efficacement à la lutte contre la pauvreté au Burkina Faso si toute fois, elle n’était pas confrontée à de nombreuses contraintes dont la plus importante est la quasi inexistante de semences maraîchères. La production de semences de
cultures vivrières telles que le maïs, le riz, le sorgho et le niébé lui vole la vedette tant elle bénéficie d’un système national performant impliquant le secteur public et privé.

En effet, le peu de semences maraîchères produites localement n’est pas trop souvent de bonnes qualités. Elles sont souvent produites de manière informelle sans l’implication, ni du système national de recherche, ni du Service National des Semences. C’est cet état de fait que le Dr Rouamba Albert a voulu démontré quand il soutient que la semence maraichère est en danger. « Il faut faire quelque chose », a-t-il lancé dans son cri de cœur. Une situation qui amène les producteurs à se rabattre sur les semences maraîchères importées de l’Asie et de l’Europe. Le constat est que non seulement ces semences ne répondent pas souvent aux exigences de nos producteurs mais aussi et surtout, leur achat constitue une source importante de sortie de devises.

Parallèlement, la démographie et l’urbanisation accroit la demande en fruits et légumes. Il faut trouver une solution afin d’assurer leur fourniture à la population.

Redynamiser le système semencier pour donner à la filière son lustre d’antan ! 

C’est dans l’optique de développer un système national efficace pour produire localement les semences maraîchères afin de réduire notre dépendance vis-à-vis des semences maraîchères importées que l’idée de ce projet est née.

En effet, l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) dispose de plusieurs variétés d’oignon et de tomate performantes qui sont adaptées aux conditions locales de production et mises au point en collaboration avec World Vegetable Center (WorldVeg). Même si des tests d’évaluations multilocaux ont été déjà été menés, ces variétés sont encore moins connues par les maraîchers.

C’est pourquoi, le projet intitulé « Redynamisation du système semencier maraicher au Burkina Faso », coordonné par l’INERA en partenariat avec l’entreprise semencière Saala Monde Rural (SMR) et l’Union Nationale des Producteurs d’Oignon du Burkina Faso (UNAPOB) a été voulu. Financé par le Fonds National de la Recherche et de l’Innovation (FONRID) suite à son 8ème appel à projet, le projet FONRID-Semences maraîchères a un budget global de 29.595.000 FCFA et s’étalera sur trois ans.

Il permettra, à l’issue de cette période, de rendre dynamique et durable la production locale des variétés de semences maraîchères au Burkina Faso.

Migration de données : les sélectionneurs aptes pour les nouvelles fonctionnalités de BMS

 

Dans le cadre du projet « Renforcement des réseaux et des capacités institutionnelles en Amélioration des plantes pour le développement de cultures résilientes répondant aux besoins des paysans d’Afrique de l’Ouest », (ABEE) les sélectionneurs de la Direction Régionale de Recherches Environnementales et Agricoles de l’Ouest (DRREA-O), ont bénéficié d’une formation sur les nouvelles fonctionnalités du Breeding Management System (BMS V20) et migration des données de la campagne agricole 2021. C’était les 28 et 29 mars 2022, dans la salle de réunion du programme coton à Bobo-Dioulasso.

La session de formation avait pour objectif principal d’initier les sélectionneurs aux nouvelles fonctionnalités du Breeding Management System (BMS) dans sa version 20 et aussi de vérifier et s’assurer que les données phénotypiques de la campagne 2021 ont été importé dans le BMS.

Il était également question de discuter de l’état d’avancement de la mise en place du SOP et de la politique de gestion des données de l’INERA, de la configuration des équipements de digitalisation reçus par l’INERA. Les participants aussi bénéficié d'un appui technique interactif sur le BMS au cours duquel ils ont importé les différents cahiers de champs des essais et pépinières dans le BMS.

C’est une mission de AfricaRice/IBP, basée en Afrique de l’Ouest et du Centre, et de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) qui a effectué une série de rencontres pour former ces sélectionneurs.

En rappel, plus tôt, du 21 au 25 mars, c’est l’équipe de Kamboinsè qui avait reçu l’équipe pour les mêmes raisons.  

La série de formation continue avec les sélectionneurs de Saria à partir du 30 mars 2022.

Prévention et récupération des arbres desséchés : Le projet FONRID/Citrus au secours des anacardiers et des agrumes

Le projet « Gestion intégrée et participative du dépérissement des anacardiers et des agrumes  au Burkina Faso : Technologie de prévention et de récupération des arbres partiellement desséchés » a été lancé le jeudi 31 mars 2022 dans la salle de réunion du laboratoire de protection des végétaux, ex PV de la Direction Régionale de Recherches Environnementales et Agricoles de l’Ouest, DRREA-O.

Placé sous la présidence du Directeur Régional, Mr Vincent Dao, cet atelier avait pour objectif non seulement de lancer officiellement le projet FONRID/Citrus, mais également de le présenter ainsi que le Plan de Travail, Budget Annuel (PTBA) 2022 aux participants.

 

En effet, dans notre pays, le Burkina Faso, les cultures fruitières occupent une place importante parmi les filières agricoles.

Sur le marché de l’emploi, environ 45 076 ménages tirent leur revenu de la filière. Les vergers d’anacardiers occupent 255 000 ha soient 70,2% de la superficie fruitière nationale. Parallèlement, les agrumes  figurent  parmi les trois principales cultures fruitières.

Que ce soit pour l’anacarde ou les agrumes, les avantages qui ne sont plus à démontrer sont nombreux.  Outre, les avantages économiques,  ces arbres fruitiers jouent un important rôle dans la lutte contre la désertification.

Malheureusement, malgré ces avantages, force est de reconnaître que les  cultures  fruitières  sont  confrontées  à  d’énormes  difficultés  phytosanitaires  dont  le dessèchement des arbres. L’incidence de cette maladie varie entre 42 à 86 % selon le coordonnateur du projet, le Dr Oumarou Z. Dianda.  « Le  dessèchement  des  arbres  fruitiers  causé  principalement  par  Lasiodiplodia theobromae et des facteurs abiotiques (stress hydriques, fortes températures, pauvreté des sols et les mauvaises pratiques agricoles) a été décrit à travers le monde », a-t-il fait comprendre. Des études avaient préalablement été mené dans le cadre du dépérissement du manguier. Elles avaient eu des résultats forts intéressants qui avaient suscités l’adhésion des producteurs de mangues. C’est pourquoi, il est important, dans le cadre des agrumes et de l’anacardier attaqués, d’explorer également des pistes de solutions à travers un bon diagnostic ainsi que des essais de méthodes de lutte.

 

Le présent projet, « Gestion intégrée et participative du dépérissement des anacardiers et des agrumes au Burkina Faso : efficacité des technologies de prévention et de récupération des arbres partiellement desséchés » vise à contribuer à la restauration et à la protection des anacardiers et des agrumes dans les écosystèmes horticoles dans un contexte de changement climatique à travers de méthodes résilientes de gestion du dessèchement des arbres au Burkina Faso.  Son financement a été acquis dans le cadre du 8ème appel à projet du Fonds National de la Recherche et de l’Innovation (FONRID). Coordonné par l’Institut de l’Environnement et de Recherches agricoles (INERA), le projet sera mis en œuvre en étroite collaboration avec la Direction de la Protection des Végétaux et du Conditionnement (DPVC) ainsi que la Fédération Nationale des Producteurs d’Anacardes du Burkina (FENAPAB).

 

En termes d’activités, les acteurs devront identifier les champignons pathogènes responsables du dépérissement des anacardiers et des agrumes, évaluer de façon participative l’efficacité des technologies de prévention du dépérissement des anacardiers et des agrumes à travers l’utilisation des biofertilisants et des bonnes pratiques agricoles, renforcer les capacités des producteurs et des agents techniques d’agriculture sur les technologies efficaces de prévention et de récupération générées. Des activités qui seront exécutées dans 2 provinces notamment le Kénédougou et la Comoé, à raison de 4 localités par province. Elles s’étaleront sur 36 mois, avec un budget de 29.882.800 FCFA. 
 
Photo de groupe des participants à l'atelier de lancement !