Total des vues

jeudi 14 mai 2020

SMART-Valley, une technologie prometteuse pour la filière riz !



Le  riz  est  la  plus  importante  culture  de  base  des  pays  en développement,  et  l'aliment  de  base  de  plus  de  la  moitié  de  la population mondiale. Dans le monde entier, plus de 3,5 milliards de personnes  dépendent  du  riz  pour  satisfaire  plus  de  20%  de  leur apport  calorique  quotidien  (IRRI  et  al.,  2010).
Pour  accroître  la  production,  l’amélioration  de  la  productivité  et l’augmentation  des  superficies  restent  les  seuls  moyens.  Les superficies potentielles pour la riziculture de bas-fonds sont évaluées à environ 200 millions d'hectares en Afrique Sub-Saharienne, offrant d’importantes possibilités pour l'irrigation (Wakatsuki et  al., 2011).
Les  bas-fonds  représentent  un  énorme  potentiel  pour  accroître  la productivité et la production  du  riz, notamment  face à l'irrégularité des  précipitations  occasionnée  par  les  changements  climatiques. Cependant, l'amélioration de la gestion de l'eau est un préalable pour améliorer  la  production  durable  du  riz  dans  les  bas-fonds.  La technologie  SMART-Valleys  est  une  solution  et  représente  une opportunité  pour  intensifier  la  riziculture  à  travers  une  meilleure maîtrise  de  l'eau  et  la  gestion  de  la  fertilité  des  sols  dans  les  basfonds.

Mais c’est quoi la technologie SMART-Valleys ?

SMART-Valleys est une approche de développement de bas-fonds pour des systèmes de production rizicole en Afrique sub-saharienne, basée sur une démarche participative, durable et à faible coût. Elle a été introduite en Afrique de l’Ouest au cours des années 1997 et 2001, respectivement au Ghana et au Nigéria. Développée par le Centre du riz pour l'Afrique et ses partenaires de recherche et de développement nationaux au Bénin et au Togo, l’approche SMART-Valleys a  beaucoup contribué à améliorer la productivité des populations.
Elle fait référence à une parcelle aménagée, labourée,  nivelée  et  délimitée  par  des  digues  et  diguettes  pour  la culture du riz (Fashola et  al., 2002).

Quelle est la plus-value de cette technologie ?

Comparée aux approches traditionnelles coûteuses, dues aux études topographiques et investissements élevés pour l'infrastructure de la maîtrise de l'eau, les aménagements de bas-fonds SMART-Valleys sont peu coûteux et durables. En effet, ils sont développés et construits par les paysans eux-mêmes, ce qui rend moins coûteux le processus.
De plus, l’adoption de la technologie Smart-valley permet  d’atténuer  les  effets  négatifs  des  changements climatiques (diminution de la hauteur des pluies, retard des pluies et arrêt  précoce  des  pluies) à travers une meilleure gestion de l’eau disponible et de la  fertilité  des  sols. 
Sur le plan financier, l’adoption de cette technique permet d’améliorer positivement le  revenu des producteurs afin de réduire  la  pauvreté  dans  les  pays  en  voie  de développement.



De la mise en place de la technologie !

L'approche SMART-Valleys suit une démarche par phases et par étapes, axée sur l’exploration, la prospection, la validation, la conception, le développement du plan d'aménagement et la construction d'infrastructures de maîtrise d'eau.
La phase de sélection qui démarre avec l’exploration de la zone du projet/programme afin de présélectionner des sites propices à l’approche est basée sur des facteurs socio-économiques et biophysiques et en exploitant la connaissance paysanne.
Ensuite vient l’identification / prospection de sites de bas-fond au potentiel rizicole pour aboutir à la validation et à la sélection finale du site.
Si le site est jugé propice, on entre dans la phase d’aménagement qui démarre avec des réunions pour amener les paysans à s’organiser et à s’embarquer dans un développement collectif du bas-fond.
Mais le travail n’est pas fini, parce que comme toute infrastructure, les aménagements SMART-Valleys nécessitent aussi de l’entretien et des adaptations.
En plus dans l’approche SMART-Valleys, l’idée est d’aménager le bas-fond petit à petit et d’apprendre, d’adapter et d’innover en faisant ; c’est un apprentissage dans l’action.
Et on entre alors dans la phase de gestion du bas-fond aménagé.
L’expérience a montré que la gestion adéquate de l’eau est une condition cruciale pour que les paysans s’investissent avec succès dans l’amélioration des pratiques de gestion rizicole, comme le désherbage et l’application d’engrais en temps opportun.

L’utilisation de l’approche SMART-Valleys est dans les bas-fonds est une nécessité pour la course vers la sécurité alimentaire. Cependant, il faut reconnaître que l’arbre ne doit pas cacher la forêt. « Les technologies  améliorées  représentent  un  prérequis  pour  changer  les pratiques agricoles face aux changements climatiques. Cependant, elles doivent être  accompagnées  par  un  ensemble  de  facteurs  favorables  tels  un service  de  vulgarisation  efficace,  un  accès  sécurisé  à  la  terre,  un système de distribution des intrants efficace, un accès au crédit et des formations appropriées pour plus d’impact », AROUNA  Aminou. Et Smart-Valley ne déroge pas à cette règle.

Pour plus d’informations sur SMART-Valleys au Burkina Faso, contacter le Dr Bama Nati Aïssata Delphine. 


Flavienne Valérie SAWADOGO

jeudi 16 avril 2020

La Carambole ou le fruit en étoile du carambolier


De son nom scientifique, Averrhoa carambola, la carambole est le fruit exotique du carambolier. Le carambolier justement se présente comme un arbre compact, très ramifié avec des branches souvent retombantes. Ses feuilles persistantes sont pennées et coriaces ne dépassant guère 10 cm de long. Au début du printemps, des petites fleurs en panicules, dans les tons rouge-violacé, apparaissent. Environ deux mois après, les fruits d'un jaune doré, arrivent à maturité. Le carambolier craint le gel. 

Appelée aussi pomme de Goa, groseille de Coromandel ou star-fruit, la carambole est une baie assez acide au goût. Elle contient deux graines dans chaque carpelle (petites ailes). Comme ses tranches forment des étoiles puisque le fruit est doté de cinq carpelles, on l'utilise surtout pour la décoration des plats, mais elle sert aussi à faire des coulis et des jus. 

Sol et exposition idéals pour planter un carambolier

La carambole a besoin d'un environnement chaud et humide, légèrement à l'ombre dans un sol profond, humifère et bien travaillé.
Cependant, elle peut être binée et arrosée par temps sec. La carambole peut également être taillée afin de supprimer les branches sèches ou en surnombre durant la saison sèche.

Récolte, conservation et utilisation du carambolier

Plusieurs récoltes peuvent se faire dans l'année, en zone tropicale. Les caramboles se conservent deux à trois semaines. Elles sont souvent consommées crues comme tout autre fruit, mais aussi transformé en jus de fruit ou pour décorer les mets. Pour les fanatiques de la nourriture aigre, la carambole est un fruit idéal.
La carambole est peu calorique (30kcal/100 g), et riche en vitamine C et en provitamine A.
Toutefois, elle peut s'avérer toxique pour les personnes souffrant d'insuffisance rénale.
Selon le site Doctissimo, la carambole, consommée en grande quantité peut provoquer des nausées, vomissements, insomnies et même des arrêts cardio-respiratoires.
 
Source : Le Monde.fr

mercredi 18 mars 2020

Production de Plants sains de bananiers : Le PDI-PSAB forme une quarantaine de personnes


La session de formation sur les techniques de production in vivo de plants sains de bananier et les méthodes de gestion des bioagresseurs qui s’est tenu du 10 au 14 mars 2020, a concerné une quarantaine de participants composés de pépiniéristes et producteurs membres de la Table Filière Banane (TBF) des régions des Hauts-Bassins, de la Boucle du Mouhoun, du Sud-ouest et de l’Est, d’agents d’agriculture et de techniciens de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA). C’était sous la présidence du Directeur Régional de Recherches Environnementales et Agricoles de l’Ouest (DRREA-O), M. Vincent Dao.
Cet atelier qui entre dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Production et Diffusion Participatives de Plants Sains de Bananiers par des techniques innovantes (PDI-PSAB) », financé par le Fond National de la Recherche et de l’Innovation pour le Développement (FONRID), est une première du genre depuis le lancement du projet en 2018.

Le PDI-PSAB est coordonné par le Dr Drissa SEREME de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles. « Il permettra à terme, de relancer la filière banane au regard de l’importance de la culture qui n’est plus à démontrer du point de vue de sa contribution dans l’alimentation, la nutrition, mais également dans l’amélioration des revenus des producteurs et de toute la communauté », a dit le coordonnateur.
Cette session a connu la participation de DrSiaka TRAORE, chercheur phytopathologiste au Centre National de Recherche Agronomique (CNRA) Côte d’Ivoire et responsable de la production de vivo-plants de bananiers. Pour ce dernier, pour avoir des plants sains, il faut avoir des souches saines. « Si votre souche mère est virosée, votre plante sera virosé », a-t-il lancé. D’où l’importance de cet atelier qui s’est déroulé en deux phases : une phase théorique sur les bonnes pratiques de production et de gestion des nuisibles du bananier et une phase pratique sur les techniques de production des vivo plants respectivement par les techniques de Plants issus de Fragment de tige (PIF) et Multiplication sur Souches Décortiquées (MSD). Cette dernière a connu la participation d’une équipe pluridisciplinaire, composée de spécialistes en virologie, en bactériologie, en mycologie, en nématologie et en entomologie.


« Contrairement aux autres techniques de production de plants sains telle que la culture in vitro, les vivo-méthodes qui ont été enseignés aux participants se caractérisent par un faible coût de production et ne nécessitent pas d’infrastructures complexes, spécifiques. Ils sont facilement réalisables par tout producteur formé car ne demandant pas une grande technicité » à expliquer Dr SEREME.

Tout comme le formateur, le Dr Siaka TRAORE, le Dr Drissa SEREME estime que face à cette menace des bioagresseurs qui réduit considérablement la production, il est nécessaire d’utiliser des plants sains. « Cet atelier permettra donc de valoriser les résultats de recherche engrangés par le PDI-PSAB auprès des acteurs », a-t-il laissé entendre.

Pour le représentant des producteurs, Mr Inoussa KABRE, c’est une initiative à saluer à sa juste valeur.  « Elle nous permettra de maitriser les bonnes techniques de production de la banane. Avant, on utilisait des rejets issus de vieux plants infectés par des maladies », a dit Mr KABRE.
Les acquis de cette formation feront l’objet de partage avec les producteurs n’ayant pas participés afin qu’ils puissent améliorer leur production.

Aperçu sur la filière banane au Burkina Faso

En rappel, la filière banane contribue à lutter contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle et le chômage. En guise d’exemple, de 2007 à 2019, la production de banane est passée de 13 000 tonnes à 140 000 tonnes avec respectivement un chiffre d’affaires de 1,68 milliards à plus de 40 milliards de FCFA selon la TBF. Malheureusement, cette culture est sujette à une diversité de bioagresseurs dont les nématodes, les champignons, les bactéries, les virus et les insectes ravageurs, qui lui causent des dégâts allant de 20% à la destruction totale de la bananeraie. En effet, la production actuelle de banane au Burkina Faso est assurée par des rejets et/ou plants issus des pieds de bananier introduits depuis 1976 et par des introductions de plants par des producteurs à partir des pays voisins. Cet état de fait ne fait que propager les pathogènes d’année en année dans les bananeraies avec pour conséquence la baisse drastique des rendements.

C’est pour trouver une alternative que le projet « Production et Diffusion Participatives de Plants Sains de Bananiers par des techniques innovantes », (PDI-PSAB) a été initié.  Avec pour objectif d’améliorer la productivité de la banane au Burkina Faso à travers la production et l’utilisation de plants sains. Il vise à introduire du matériel végétal sain issu de la culture in vitro à partir desquels des vivo plants seront produits en masse et diffusés dans les principales zones de production. 

Quelques temps forts 

Nous suivre aussi sur Facebook, Twitter et YouTube